Le Lusitania et le Lancastria à l’honneur pour la bibliographie 2015.

Toujours à l’affût de bonnes références bibliographiques pour vous faire découvrir des naufrages, je lis pas mal de livres afin de vous donner des informations fiables. Certains ouvrages que je vous présente sont des références et d’autres le sont moins. Les deux livres que j’ai sélectionné et qui m’ont marqué durant l’année 2015 font incontestablement partis de la première catégorie. Le premier, « The Unseen Lusitania : the ship in rare illustrations » d’Eric Sauder, fait parti d’une collection riche en découvertes inédites comme l’atteste la présentation de l’ouvrage sur le Britannic dans un précédent article. Le second ouvrage, »The sinking of the Lancastria : Britain’s greatest maritime disaster and Churchill’s cover up », plus vieux mais unique par son contenu s’intéresse de près à la tragédie du Lancastria. Place à la présentation de ces deux merveilles littéraires du monde maritime.

« The Unseen Lusitania : the ship in rare illustrations » : un nouveau regard sur le drame du premier des « Lévriers des mers ».

Un des quatre ouvrage de la série des "Unseen" consacré au paquebots les plus illustres (Source : Amazon)

Un des quatre ouvrages de la série des « Unseen » consacrés aux paquebots les plus illustres (Source : Amazon).

De la même manière que Simon Mills avec son « Unseen Britannic » ou que J.Kent Layton avec son récent « Unseen Mauretania 1907″, Eric Sauder s’est donné corps et âme afin de livrer une nouvelle fois, l’histoire du Lusitania de sa conception à son naufrage en passant par sa carrière. Passionné par ce paquebot, l’auteur s’intéresse à tous les aspects de « Lucy », surnom attribué au paquebot par les liverpudliens lorsque leur navire rentrait ou sortait de son port d’attache. La question du naufrage et de ses causes y est largement abordé sans omettre l’histoire de l’épave et de ses artefacts malmenés par la Oceaneering international, société de « chasseurs de trésors », ou encore à cause des batailles juridiques sur les droits d’exploitation. En effet, les restes du Lusitania reposent en mer d’Irlande à 11, 2 milles nautiques des côtes où se trouve le phare de Old Head, près de Kinsale, petite ville portuaire située à côté de Cobh (anciennement Queenstown). Localisée en mer territoriale selon le droit international de la mer, l’épave est considérée patrimoine national historique malgré le droit de propriété valide de Gregg Bemis.

(Source : wordpress)

(Source : wordpress)

Cependant, avant cette protection inespérée, l’épave avait été le lieux de fouilles et de récupération « sauvage » d’artefacts non traités des sels minéraux et enfermés dans des conteneurs à la fin des années 1990. Ces objets d’une valeur inestimable ont été vendus sans être présentés publiquement comme le dénonce Eric Sauder,  les faisant passer pour des restes d’une épave sans réelle importante. Malgré cette négligence, l’auteur grâce à sa collection d’archives authentiques et de photos privées prises de l’épave et des artefacts nous donne cette chance d’admirer ces trésors agrémenté d’un récit d’une qualité inédite avec quelques perles disséminées. Ainsi, on y apprend que choisir le nom d’un navire n’est pas une chose aisée comme le démontre le long travail de réflexion de la Cunard Line demandant même l’avis du public. Qui aurait pu croire que le Lusitania aurait pu s’appeler « Olympia » ! L’idée de gigantisme des paquebots voulant monter l’Olympe maritime faisait déjà mouche en 1903. Pour découvrir le reste de l’ouvrage, il n’y a qu’un pas pour les plus curieux.

« The sinking of the Lancastria : Britain’s greatest maritime disaster and Churchill’s cover up » : le seul récit de référence sur le plus grand naufrage en temps de guerre.

Le Lancastria, un naufrage remonté des abysses de l'histoire maritime par J. Fenby (Source: Amazon)

Le Lancastria, un naufrage remonté des abysses de l’histoire maritime par J. Fenby (Source: Amazon).

Quels sont les liens entre le Lusitania (1907-1915), le Laconia (1921-1942) et le Lancastria (1922-1940)? Vous me direz que ces trois paquebots de la Cunard Line réquisitionnés durant les deux Guerres mondiales ont fait naufrage en Atlantique. Chacun d’entre eux énumérés dans cet ordre montre l’horreur du nombre de victimes lors de ces tragédies. De 1198 morts à pas moins de quelques milliers de morts maximum entre les naufrages du Lusitania (1915) et du Lancastria (1940), l’écart se creuse en ce qui concerne les pertes humaines entre les deux Guerres mondiales. Comme le montre Jonathan Fenby, le naufrage ayant causé une des plus grandes pertes de vies humaines est injustement oublié. En comparaison, la tragédie du Lusitania fait penser à un « Titanic en temps de guerre » à côté du Lancastria, victime d’un silence imposé par un naufrage « secret d’Etat » par Churchill à l’époque et par l’Amirauté britannique aujourd’hui. L’incertitude du nombre exact de personnes à bord, de ceux qui ont survécu et de ceux qui ont y laissé leurs vies pose encore problème pour les associations françaises et britanniques créées par des survivants ou des descendants de victimes ou de survivants. D’un minimum de 6 000 à un maximum de 9 000 personnes présentes à bord, le nombre de survivants admis le plus inférieurement monte à 2 477 personnes.

Harry Grattidge, survivant et futur commodore des navires des "Queens" de la Cunard Line (Source : Goodreads).

Harry Grattidge, survivant et futur commodore des « Queens » de la Cunard Line (Source : Goodreads).

L’auteur, journaliste professionnel, ne s’intéresse pas qu’à cet aspect. Il entre dans un travail de reconnaissance du drame en faisant parler les soldats britanniques, les civils belges réfugiés et les héros français qui ont sauvé et aidé les survivants. Le récit ne tombe pas dans le genre « film de guerre » comme on pourrait s’y attendre dans le contexte de l’armée britannique dans l’évacuation de Dunkerque . Des témoignages bouleversants de jeunes soldats à l’image de Joe Sweeney, d’Harry Grattidge, second officier et futur « Captain of the Queens »  au côté du capitaine Rudolph Sharp, capitaine du Lancastria et victime du naufrage du Laconia plus tard ainsi que des familles belges ou britanniques à l’image des Tillyard ou des Duggan permettent de se plonger dans un des naufrages les plus sombres et plus négligés de l’histoire maritime. Sans oublier que Frank Clements, également survivant de la tragédie, nous donne la chance de « voir » le naufrage grâce à des photographies prises ce funeste jour du 17 juin 1940. Bien que l’ouvrage de Jonathan Fenby date de 2005-2006, il demeure le seul ouvrage offrant la possibilité d’en apprendre plus sur la fin tragique du Lancastria. Des sites internets fleurissent autour de ce drame. Il est aussi possible de se rendre à Saint-Nazaire pour admirer les restes de l’épave émergée lors des marées basses ainsi que la plaque posée en l’honneur des victimes du naufrage. Cependant, aucun autre auteur n’a eu encore l’idée de se plonger récemment dans ce drame reconnu par la pose d’une plaque commémorative à Liverpool en 2013 et par la reconnaissance du statut de tombe de guerre.

Sources : « The Unseen Lusitania : the ship in rare illustrations » (édition 2015) par Eric Sauder publié par The history Press, ISBN-13: 978-0752497051.

« The sinking of the Lancastria : Britain’s greatest maritime disaster and Churchill’s cover up » (édition 2006) par Jonathan Fenby publié par Pocket Books, ISBN-13: 978-0743489430.

Blog d’Eric Sauder sur son ouvrage remplis de pleins d’informations inédites également : https://theunseenlusitania.wordpress.com

 

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