Le SS Pacific de la Collins Line : un naufrage associé au danger des icebergs (Partie 2).

Le SS Arctic pose le problème du manque de législation des canots de sauvetage concernant la sécurité maritime des passagers. Première plaie de la Collins Line, la compagnie est frappée une seconde fois en 1856 avec le naufrage du SS Pacific. Paquebot construit et lancé en 1849/1850 à New-York, le frère du malheureux Arctic disparaît à son tour avec ses passagers et ses membres d’équipage en Atlantique. Connu des passionnés et des spécialistes d’histoire maritime, ce second drame de la compagnie maritime d’Edward Knight Collins fait penser à un autre mystère maritime ultérieur : le naufrage du Naronic en 1893 disparu dans le même océan.

Le Pacific : un espoir de reconquête américaine face au géant maritime britannique.

Le RMS Asia (1850-1876), un des concurrents défait du Pacif

Le RMS Asia (1850-1876), un des concurrents défaits du Pacific (Wikimédia Commons).

Navire de 2 707 tonneaux, quelques 200 passagers de 1ère classe et 80 autres de 2ème classe pouvaient être accueillis dans des installations luxueuses. D’autant plus que le paquebot faisait la fierté de la Collins Line grâce au Ruban Bleu gagné face à l’Asia (1850-1876), paquebot de la Cunard Line. Filant à 12,25 nœuds, le navire représentait des espoirs de reconquête pour les États-Unis dans le domaine maritime. Néanmoins, le naufrage de l’Arctic brise ce but rêvé quelque temps avant le nouveau record de 13 nœuds établi par le Pacific. Lors de son dernier voyage Liverpool-New-York, ce dernier embarque 45 passagers et un équipage de 141 membres d’équipage. Le 23 janvier 1856, jour du départ, le navire part vers son destin tragique et mystérieux de surcroît puisqu’il faudra des mois et des années avant d’avoir des nouvelles du paquebot. Parmi les passagers présents à bord, il n’y avait pas de personnalités contrairement au naufrage du Titanic. De plus, les traversées d’hiver comportaient des inconvénients dûs au mauvais temps. D’un océan calme durant la période printemps/été à un océan agité et imprévisible en hiver, les passagers pouvaient avoir le mal de mer engendré par les roulis du paquebot provoqués eux-mêmes par de violentes tempêtes. Néanmoins, ces mauvaises conditions n’ont pas été retenues pour expliquer la disparition du Pacific. La cause admise à un lien avec le naufrage le plus historique du monde maritime.

Des icebergs longtemps considérés comme la cause du naufrage.

Le Pacific a scellé la fin de la Collins Line en 1858.

Le Pacific a scellé la fin de la Collins Line en 1856 (Wikipedia).

Le naufrage postérieur du Titanic pointe le bout de sa proue puisque les icebergs jouent un rôle dans le mystérieux naufrage du Pacific. En effet, la disparition du SS Pacific refait surface quelques années plus tard. Une bouteille à la mer est retrouvée en 1861 sur l’île de Uist dans les Hébrides (Écosse). Le mot enfermé à l’intérieur mentionnait la présence d’icebergs dans le secteur de Terre-neuve et une panique à bord causée par le naufrage. Malgré de nombreuses recherches, le paquebot reste introuvable, perdu dans l’immensité de l’océan Atlantique. A la suite de longues recherches, la cause des icebergs est retenue  par la seule preuve du mot laissé dans la bouteille par un dénommé William Graham sans même s’intéresser au manque de formation des membres d’équipage à l’image du chef mécanicien embarqué pour ce voyage. Ce dernier ne connaissait pas les machines du Pacific, ce qui pourrait être une autre cause plausible du naufrage. Néanmoins, les icebergs nombreux sur la route lors des traversées transatlantiques constituent la seule cause officielle de la disparition de quelques 200 personnes à bord d’un des plus luxueux paquebots du 19ème siècle. Aucune autre preuve de la présence d’icebergs ne peut être confirmé si ce n’est ce mystérieux mot laissé par un passager. On ne sait même pas si William Graham était véritablement à bord du Pacific. La liste des passagers renferme également ces mystères. Aujourd’hui, la thèse des icebergs laisse planer des doutes sur la vraie cause du naufrage.

La cause des icebergs remise en question par une épave mystérieuse.

L'épave du USS LST-342 fait partie du cimetière marin de Guadalcanal, témoignage des combats rudes entre américains et japonais durant la Seconde Guerre mondiale (Wikimapia.org).

L’épave du USS LST-342 fait partie du cimetière marin de Guadalcanal, témoignage des combats rudes entre américains et japonais durant la Seconde Guerre mondiale (Wikimapia.org).

Malgré l’affaire de la bouteille écossaise de William Graham, le SS Pacific refait surface une seconde fois en 1991. L’épave d’un navire, découverte dans les eaux du Pays de Galles est dans un premier temps identifiée au navire disparu. Cependant, les indices ne confirment pas qu’il s’agit du paquebot de la Collins Line. Située à 97 km (60 milles) du port de Liverpool, l’épave du navire s’il s’agissait du Pacific ne validerait pas l’hypothèse des icebergs, remettant en question la cause du naufrage. Les épaves inconnues représentent souvent des mystères difficiles à démêler. Les nouvelles technologies sous-marines tels les scanners ou les submersibles peuvent donner des réponses dans certains cas mais dans d’autres, il reste des questions sans réponses. Le mystère de l’épave du supposé « SS Pacific » peut s’ériger comme un exemple pour les autres épaves non identifiées en attente d’une reconnaissante historique. Des millions d’épaves tapissent les fonds océaniques montrant l’ importance des activités maritimes modernes depuis le 19ème siècle. Certaines comme les épaves du Titanic ou du Lusitania sont reconnues dans l’histoire maritime. Les célébrations de leur centenaire respective ont permis de faire revivre l’histoire de ces deux paquebots par le biais de leurs épaves et des objets récupérés des fonds sous-marins pour être exposés dans des musées. D’autres restes de navires n’ont pas cette chance. De ces épaves éparpillées, des cimetières naissent dans des coins tels que Guadalcanal ou la mer d’Irlande. Ils constituent des lieux donnant une histoire par défaut à plusieurs épaves inconnues méritant d’être honorées comme des tombes pour des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants morts en mer.

 

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