Le Naronic, un naufrage mystère jamais résolu.

Le Bovic, sister-ship du Naronic tous les deux transporteurs de bétail.

Le Bovic, sister-ship du Naronic tous les deux transporteurs de bétail. (Source : Wikipédia)

Dans l’histoire maritime, il existe toujours le risque pour un navire de couler face aux périls de la mer. Aujourd’hui, les risques sont mieux appréhendés avec les nouvelles technologies équipant les navires. Mais ce n’était pas encore le cas à la fin du 19ème siècle. En 1893, la disparition du Naronic représente les nombreux naufrages de navires qui à l’époque n’étaient pas équipés de moyens de communication. Rappelons que la TSF inventée à la fin du 19ème siècle ne s’est démocratisée qu’au début du 20ème siècle.

Le RMS Républic, paquebot appartenant également à la White Star Line a pu signaler son naufrage par la TSF.

Le RMS Republic, paquebot appartenant également à la White Star Line a pu signaler son naufrage par la TSF en 1909. (Source: wikipedia)

Le SS Naronic, paquebot de la White Star Line a fait naufrage quelque part dans l’océan Atlantique avec son équipage et les cargaisons qu’il transportait. A l’inverse des RMS Republic et RMS Titanic, le navire n’était pas équipé de système TSF. Le Naronic, un des paquebots les moins connus mais qui a été un des plus grands navires transporteurs de bétail de la compagnie maritime a mis en lumière les progrès de la communication radio. A t-il coulé lors d’une tempête ou a t-il été victime des récifs des côtes américaines? Nul ne le sait mais son naufrage a permis de comprendre tout l’intérêt de la TSF pour le bon fonctionnement du commerce et de la sécurité maritime la veille du 20ème siècle. Parti du port de Liverpool pour se rendre aux États-Unis, le Naronic n’arrivera jamais à sa destination. Faute d’avoir trouvé l’épave du navire, la cause du naufrage reste méconnue jusqu’à ce jour malgré les efforts d’hypothèses de la commission d’enquête de l’époque et des historiens tels que Charles Haas ou encore John Eaton. Les facteurs les plus plausibles du naufrage restent l’instabilité du navire face aux violents orages combinés aux contacts des produits toxiques entre eux. Malgré la disparition de 74 personnes, quatre messages trouvés dans des bouteilles jetées à la mer ont été trouvées sur les côtes américaine et britannique. Jetant le doute sur les probabilités de chance de survie de rescapés, des canots ont été également localisés par d’autres navires ce qui a longtemps laissé l’espoir d’avoir des réponses aux nombreuses interrogations sur la disparition du Naronic.

Le SS Atlantic non équipé d'un système de radio TSF coule 20 ans plus tôt près des côtes de Nouvelle-Ecosse.

Le SS Atlantic non équipé d’un système de radio TSF coule 20 ans plus tôt près des côtes de Nouvelle-Écosse. (Source : wikipédia)

Le naufrage bien qu’il ne soit pas une catastrophe maritime humaine comparé aux pertes de l’Atlantic (1873) et du Titanic (1912), a été vécu comme un drame économique. En plus du remboursement des différentes cargaisons, la perte du transporteur de bétail donne l’exemple des  risques de la mer « pris en charge » par les assurances. De plus, la disparition des 74 personnes présentes à bord ont démontré encore une fois que l’Homme ne peut défier le caractère imprévisible de la mer face à une météo et un élément changeant tel que l’eau. Presque 20 ans plus tard, le naufrage du Titanic le prouve en réunissant cette fois les préjudices économiques et morales des passagers, des membres d’équipage et des propriétaires des cargaisons embarquées dans les cales du paquebot. Bien que le naufrage du Naronic ait eu le droit à une enquête pour déterminer les causes,  la présence de produits toxiques et dangereux à côté de denrées diverses a été omise par la Commission d’enquête à Liverpool. Aujourd’hui, la tenue d’une nouvelle enquête aboutirait à de nouvelles hypothèses en rapport avec ces produits dangereux en contact mélangés les un aux autres. Cependant, au regard de l’évolution du droit maritime moderne, les conclusions ne seraient plus les mêmes par rapport aux normes de sécurité et de sûreté imposées par les conventions internationales en vigueur (SOLAS, MARPOL, Code ISPS…). La perte du Naronic montre au final les limites d’une navigation traditionnelle face à un commerce maritime de plus en plus diversifié par l’industrialisation et la mondialisation à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle. N’oublions pas que les naufrages ont une utilité pour la sécurité maritime malgré la perte de vie humaine. Comme le dit le célèbre dicton, il s’agit d’un mal pour un bien.

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