« Un crime de guerre en 1915? Le torpillage du Lusitania » : la référence française sur le naufrage.

Passé en partie inaperçu, le centenaire du naufrage du Lusitania a été néanmoins célébré par une petite communauté française de passionnés d’histoire maritime. L’un d’entre eux, Gérard Piouffre, auteur et historien maritime a sorti en avril dernier un ouvrage sur le premier « Lévrier des mers ». Surnommé pour sa vitesse de 25 à 26 nœuds, le Lusitania est passé à la postérité durant la Première Guerre mondiale. En effet, la mort de 128 passagers américains lors de son naufrage le 7 mai 1915 a incité les États-Unis à entrer en guerre en avril 1917 en représailles de la mort de citoyens américains. Bien que cet évènement soit souvent mentionné dans les manuels scolaires, l’histoire reste un domaine plus complexe que l’ont croît. Le naufrage du Lusitania ne fait pas exception à la règle.

Première de couverture

(source : éditions vendémiaire).

« Un crime de guerre en 1915? Le torpillage du Lusitania », titre de l’ouvrage de Gérard Piouffre connu des passionnés titanicophiles, est sans exagération une référence française sur le sujet. Le livre s’adresse aux plus curieux des amateurs passant dans une librairie ou à tout passionné connaissant la tragédie du Lusitania. A la fois complet et accessible à tous, l’ouvrage permet de découvrir ou d’en apprendre plus sur le contexte entourant la tragédie du Lusitania. En effet, l’auteur nous invite à une autre époque où régnait confusion et ententes implicites entre les États-Unis, les Alliés (France, Royaume-Uni etc…) et l’Allemagne. Malgré la complexité d’un tel contexte historique, le lecteur ne se perd pas un instant. La lecture du livre se veut fluide dans la continuité des chapitres et des différentes parties à l’intérieur de chacun. En les parcourant, le lecteur apprend ou découvre plus précisément la naissance, la vie civile et « militaire » jusqu’à la fin tragique du mastodonte de la Cunard Line, seule compagnie encore entièrement britannique en 1904, année du début de la construction du Lusitania.

Walther Schwieger, héros pour la Kriegsmarine.

Walther Schwieger, héros de la Kaiserliche marine.

Véritable progrès technologique issue de l’alliance de la Cunard et de l’Amirauté, le Lusitania surnommé « Lusi » était un navire caméléon. Cette ambiguïté constitue une des causes du torpillage par le U-20, sous-marin allemand sous le commandement de Walther Schwieger. Par deux fois auparavant, le paquebot de la Cunard avait pu échapper à des sous-marins de la marine du Kaiser, Guillaume II. La troisième tentative est la bonne le 7 mai 1915. Réquisitionné et envoyé à Liverpool pour une conversion en croiseur auxiliaire, le Lusitania possédait des caractéristiques architecturales des dreanoughts, navires de guerre contemporains du paquebot. Conçu par l’Amirauté et par Léonard Peskett, architecte de la Cunard Line, le « Lévrier des mers » traduit cette politique de construction d’une flotte commerciale convertible en navires de guerre copiée sur le modèle des géants allemands à quatre cheminées. Tous ces détails expliqués dans l’ouvrage de Gérard Piouffre permet de mieux comprendre le contexte du torpillage du navire. A la fois, navire civil et transporteur de munitions illégales, le Lusitania représente l’image même du paquebot commercial en pleine mission publique. Cette conclusion déduit de l’analyse de l’auteur permet de deviner une partie des réponses des interrogations entourant le naufrage. Pourquoi l’Amirauté a t-elle joué sur le jeu de la propagande  sans donner un droit de défense à l’Allemagne lors de la Commission de juin 1915  dirigée Par Lord Mersey? Pourquoi le naufrage reste t-il encore sensible pour la Naval Intelligence, service des renseignements de la marine britannique? Ces questions ne pourront trouver une réponse complète dès lors que les documents les plus confidentiels seront déclassés « Top Secret ». Pour l’instant, les faits connus peuvent expliquer en surface les mystères du rôle de Winston Churchill et de l’Amirauté.

Un siècle s’est écoulé depuis le naufrage du Lusitania, paquebot « martyre » avec ses 1198 morts et 761 survivants. Néanmoins, les mystères perdurent malgré le lent changement d’opinion de l’Amirauté  qui a reconnu la présence de munitions illégales, secret de polichinelle depuis longtemps. Les plus curieux des lecteurs ou des passionnés « lusitanophiles » peuvent se rapporter à d’autres sources complémentaires grâce à la bibliographie à la fin du livre. Composé d’ouvrages anglophones et francophones, les lecteurs peuvent en apprendre plus en lisant certains des ouvrages cités tels que ceux de Colin Simpson (« Lusitania »), de J.Kent Layton (« Lusitania: an illustrated biography ») ou encore de Robert D. Ballard et de Spencer Dunmore (« L’exploration du Lusitania »). Possédant ces ouvrages, je ne peux que vous les conseiller car ils représentent un travail de base sur de nombreux aspects du « Lévrier des mers ». Bonne lecture aux lusitanophiles présents et futurs en savourant ce livre sans modération.

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