La Sainte-Jeanne, un héritage breton de 1912.

Après des mois d’absence, me revoici avec de nouveaux navires sous formes de répliques ou d’épaves bien sûr. Durant quelques semaines, je me suis retrouvée en Bretagne, région déjà riche en histoire mais encore plus riche en ce qui concerne son héritage maritime. A ce titre, la Sainte-Jeanne constitue un véritable exemple puisque ce voilier fait la fierté de sa ville, Erquy (Côte d’Armor).

La Sainte-Jeanne dans le port d'Erquy.

La Sainte-Jeanne dans le port d’Erquy.

Le navire qui appartenait à la catégorie des « sloops » parmi les différents voiliers symbolisait le commerce d’une ville bretonne de la première moitié du XXème siècle. En effet, la Sainte-Jeanne transportait de multiples marchandises telles que de la nourriture (fruits, légumes etc…) et des cargaisons de grès rose, pierre typique de la Bretagne du Nord. Véritable entreprise, le voilier, propriété d’Alexandre Duclos a permis à la petite ville d’Erquy de commercer tout le long des côtes bretonnes mais aussi jusqu’à Torquay, en Angleterre. Le voilier long de 16 mètres pouvait effectuer des voyages au long cours. Lancé le 3 novembre 1912 dans le port de la petite ville réginéenne (Erquy a conservé son nom romain, « Regina »), le navire d’Alexandre Duclos a suivi une carrière sans encombres jusqu’au début de la Première Guerre mondiale. Désarmée pendant toute la guerre, la Sainte-Jeanne n’a plus été utilisée puisque comme tout homme valide, Alexandre Duclos, son armateur, est envoyé au front. Le voilier a repris ses activités de cabotage sur la côte de Penthièvre par la suite après son réarmement en 1918. Durant les années 1920 et 1930, la Sainte-Jeanne n’a pas connu d’autres bouleversements majeurs dans sa carrière. Néanmoins, la fin des années 1930 marque la fin du symbole commercial et maritime d’Erquy puisque que le voilier coule une première fois en 1937, au large du Cap d’Erquy, près du port mais le navire est vite renfloué la même année. Un an après, la Sainte-Jeanne coule de nouveau mais cette fois-ci du côté de Paimpol. Un nouveau renflouage n’est pas prévu cependant. Ce second naufrage sonne le glas pour la carrière du voilier réginéen. L’histoire de l’épave de ce navire reste floue puisque on ne sait pas si la Sainte-Jeanne a été laissée dans son nouvel environnement sous-marin ou si elle a été détruite après avoir été renflouée.

Au premier plan,Le grand Léjon amarré près du phare. La Sainte-Jeanne entre dans le port à pleine voiles.

Au premier plan, Le grand Léjon amarré près du phare. La Sainte-Jeanne entre dans le port à pleines voiles en arrière plan.

Si l’histoire d’un voilier breton de 1912 reste passionnante, pourquoi parler de la Sainte-Jeanne parmi les grands navires évoqués dans les précédents articles de ce blog? Ce voilier est tout d’abord contemporain du célébrissime Titanic (1909-1912). Ensuite, sa carrière commence de 1912 pour se finir en 1938, ce qui est en fait un navire contemporain du  sister-ship du Titanic, l’Olympic (1911-1935). La démantèlement de celui-ci se fait néanmoins en 1937.  Il est également intéressant de constater la diversification des catégories de navires utilisés sur une même période montrant au final un large panorama du commerce maritime. Les navires à voiles côtoyaient encore les bateaux à vapeur.   Quand à ses naufrages, la Sainte-Jeanne partage ce point commun avec le Titanic bien sûr. On ne peut pas aller plus loin dans les comparaisons si ce n’est que la Sainte-Jeanne et le « Géant des Mers » rendaient heureux leurs propriétaires, fiers de contribuer au succès de la puissance maritime de leurs régions et de leur pays respectifs.

Le Scotch Queen à marrée basse.

Le Scotch Queen à marée basse lors de l’anniversaire de la réplique de la Sainte-Jeanne.

La mémoire de ces deux navires est toujours honorée par le biais d’associations. A l’occasion des 20 ans de la réplique de la Sainte-Jeanne construite en 1994, l’association, le « Sloop d’Erquy » a organisé un week-end de festivités, les 9 et 10 Aout dernier. Ce groupe de passionnés a fait découvrir au public, l’histoire d’Erquy et de la Sainte-Jeanne autour des traditions bretonnes (chants, danses et gastronomie). D’autres navires ont également participé à l’évènement tels que Le Grand Léjon (réplique des lougres de 1876) ou le Scotch Queen (Motor Fishing Vessels ou bateaux à moteur de pêche écossais des années 1940), également héritages maritimes de la Baie de Saint-Brieuc et du Royaume-Uni. L’engouement autour de la Sainte-Jeanne rappelle les commémorations du centenaire du naufrage du Titanic en 2012. Même s’il n’existe encore pas de réplique « touristique » du « Géant des Mers », les passionnés de modélisme naval s’inspirent tout de même du paquebot de la White Star Line au même titre que les passionnés de voiliers bretons. Pour les plus curieux, je ne puis que vous conseillez de visiter la ville d’Erquy ou vous pourrez admirer la réplique de la Sainte-Jeanne dans la Baie de Saint-Brieuc ainsi que dans le port d’Erquy.

(Photos sous réserves de droits d’auteur)

Pour plus d’information : http://sainte-jeanne-erquy.com

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