L’empress of Ireland, un drame « titanesque » à l’échelle canadienne.

L’Empress of Ireland vous dira sûrement quelque chose si vous êtes d’origine canadienne ou que vous habitez le pays des caribous. Et pourtant, le 29 mai 1914, l’Empress of Ireland, navire de la Canadian Pacific Steamship Compagny a marqué brièvement les esprits dans l’histoire des naufrages les plus dramatiques. Le parallèle avec le naufrage du SS Atlantic peut se faire sans difficultés malgré dans des contextes différents. Lancé en 1906, la carrière de l’Empress se fait doucement jusqu’à sa fin terrible ce 29 mai 1914, à l’aube de la Première Guerre mondiale.

L’Empress of Ireland, un petit « Titanic » sans prétention.

Gravure représentant l'Empress of Ireland durant sa carrière.

Gravure représentant l’Empress of Ireland durant sa carrière.

Il est de coutume d’intégrer le naufrage du navire canadien dans les plus grandes catastrophes du début du 20ème siècle et dans la catégorie des naufrages en tant de paix. En 1912, le naufrage légendaire du « Géant des mers » connu de tous avait lieu à quelques 677 miles des côtes de la Nouvelle-Écosse (Halifax). Deux ans plus tard, un navire commercial canadien effectuant sa route habituelle Québec-Liverpool aborde un cargo suédois, le Storstad dans un épais nuage de brouillard. Pendant le naufrage qui a duré 15 minutes, il n’y a aucun point commun entre les deux naufrages. Ils viennent par la suite par le biais d’un homme, le juge Charles Bigham (plus connu sous le titre de Lord Mersey) qui a présidé des commissions d’enquêtes de naufrages célèbres ou peu connus comme ceux du SS Titanic et de l’Empress. Autre similarité plausible à constater, le nombre de morts parmi les passagers et le pourcentage de membres d’équipage. En effet pour une moyenne entre 1490 et 1522 victimes lors du naufrage du Titanic, on compte 1012 victimes pour l’Empress. Un chiffre peut-être relatif vu la différence de 400 à 500 personnes mais la similitude reste assez troublante en plus des causes de la mortalité parmi les personnes décédées. Mortes par noyade ou par hypothermie, par hydrocution ou encore englouties dans le navire lors de son naufrage peu de passagers échappent au naufrage qui se déroule en quelques minutes. Peu d’enfants sortent vivants de la catastrophes et comme tout naufrage rapides, les plus ingénieux sont les hommes. Ils représentent la majorité des rescapés.

Collision entre l'Empress et le Storstad.

Collision entre l’Empress et le Storstad .

L’épave de l’Empress of Ireland, un souvenir conservé malgré l’oubli.

Malgré une liste nombreuse de naufrages à la Pointe-au-Père, la tragédie de l‘Empress qui fêtera ses 100 ans en mai prochain, reste peu connu en dehors du Canada. A contrario, le Lusitania ou le Titanic sont devenus des références mondiales dans l’histoire maritime. Cependant, à l’instar du SS Atlantic, l’Empress n’a pas été complétement oublié et son souvenir est symbolisé par l’épave du navire protégée par des mesures nationales. Autre souvenir fort de ce drame, le musée de l’Atlantique à Halifax ou l’histoire de ce naufrage et du navire est relaté par le biais des listes des passagers de l’ultime voyage de l’Empress mais aussi par les artefacts repêchés et constitués en « Trésors de l’Empress of Ireland » en plus des quelques témoignages de survivants. D’autres hommages se font également par le biais de forum ou de pages de réseaux sociaux tel que facebook.

L’épave gisant à une profondeur de 42 mètres à fait l’objet de nombreuses expéditions menant à des fouilles et récupérations d’objets. Elle à été considérée comme une épave nationale mais aussi une tombe pour les victimes et les plongeurs qui y ont perdu la vie. Des documentaires télévisés (Thalassa, Historia) ont permis de faire découvrir les secrets de l’épave. On peut y voir notamment des restes humains, des bouts de plaques d’aciers et  toutes sortes d’objets tels de la porcelaine ou des décorations intérieures de l’épave. Contrairement à l’épave du Titanic, l’Empress a coulé en un seul morceau à une faible profondeur. Les autorités canadiennes ont protégé l’épave avec des mesures d’autorisation de visites de l’épave ainsi que des règles de protection de l’épave pour écarter tout danger de pollution du site de l’épave mais aussi d’une exploitation commerciale depuis 1999. 10 ans plus tard, une loi canadienne reconnaissait une valeur patrimoniale à l’épave par une loi en tant que « Lieu historique national du Canada de l’Épave-du-RMS-Empress of Ireland ».

Un hommage national du naufrage: le centenaire, une renaissance historique.

Représentation de l'épave de l'Empress.

Représentation de l’épave de l’Empress of Ireland.

Le livre d’Alastair Walker, « Four thousand live lost, the inquiries of Lord Mersey into the sinking of the Titanic, the Empress of Ireland, the Falaba and the Lusitania » est un premier hommage au naufrage en 2012. En effet, l’Empress of Ireland est intégré au même rang que deux légendes maritimes, le Lusitania et le Titanic en plus du petit Falaba. Autres manifestations, les musées de Rimouski (site maritime de Pointe-au-Père) et d’Halifax vont consacré en 2014 des expositions de commémoration. Les documentaires télévisés ont contribué aussi à leurs manières à faire connaître le naufrage et l’héritage de l’Empress of Ireland à l’échelle de la France et de l’Italie. Deux documentaires majeurs ont fait connaitre l’épave en 1999 (« Sombré dans l’oubli, l’histoire de l’Empress of Ireland« ) et en 2010 par le biais de l’émission de France 3, Thalassa. Ces hommages permettent de ne pas oublier les 1012 victimes du naufrage et donne une nouvelle dimension à l’Empress oublié mais « redécouvert » depuis 1999. Un travail qui a été entrepris par les plongeurs puis par les autorités canadiennes et qui se prolonge par le biais des passionnés. 2014 s’annonce l’année de l’Empress of Ireland dans le monde maritime.

(Représentations sous réserve de droit.)

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2 réflexions sur “L’empress of Ireland, un drame « titanesque » à l’échelle canadienne.

  1. Félicitations pour un blogue des plus intéressants.

    Vous serez peut-être intéressée d’apprendre que « Sombré dans l’oubli – l’histoire de l’Empress of Ireland » a été complètement retravaillé dans la dernière année et fera l’objet d’une nouvelle sortie en DVD, du moins en Amérique du Nord. Le film a fait l’objet d’un remontage complet, de nouvelles entrevues et de nouvelles images d’archives y ont été intégrés. Bref, environ 30% de matériel inédit et une présentation rafraîchie en tout points.

    • Merci pour ce compliment. J’ignorais qu’une nouvelle version du documentaire sortait bientôt de nouveau. J’ai acquis l’ancienne version et le documentaire était de bonne qualité. J’ai hâte de voir cette nouvelle version complétée et retravaillée.

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