La traite des nègres, le commerce maritime de l’inhumanité

En temps normal, ce site se focalise sur les naufrages de navires modernes. Néanmoins, je voulais vous faire découvrir le commerce triangulaire et la traite des nègres qui en découlait directement.  En rapport avec le commerce des épices et autres denrées cultivées en Amérique, ce commerce faisait des africains des marchandises humaines pour les européens qui les « utilisaient » comme main-d’œuvre. Bien que l’esclavage ne rime pas en général avec le commerce maritime flamboyant des 17ème et 18ème, la traite des nègres y a contribué bien plus qu’on ne le pense. Avec un système économique bien défini en plus de l’application du fameux Code Noir de 1685 modifié en 1724, ce commerce d’échange contre des denrées exotiques a fait la richesse des puissances maritimes anglaise, néerlandaise et française. Les navires partaient de ports européens pour longer les côtes africaines et traversaient l’Atlantique ensuite. Ils réalisaient de long voyages parfois périlleux sur des mers infestées de corsaires et de pirates. Certains négriers ont même rencontré des destins tragiques entre mutineries et prises de pirates. Petit aperçu et découverte de cette époque souvent niée et oubliée aujourd’hui dont les plaies sont encore ouvertes en Afrique.

Le navire négrier britannique, le Whydah Gally, en plein combat.

Le navire négrier britannique, le Whydah Gally, en plein combat.

Beaucoup de négriers ont fait leur fortunes sur le commerce triangulaire et on peut citer parmi eux le père de Chateaubriand, célèbre auteur français de Saint-Malo. Originaires des ports de Nantes, de La Rochelle ou de Bordeaux, les navires appartenaient à des armateurs et étaient dirigés par des capitaines nommés. Ces derniers parcouraient des milliers de miles le long des côtes africaines pour « acheter » des africains selon un « cahier des charges » établi par les besoins des propriétaires de plantation et autres commerçants des îles américaines. Néanmoins les voyages n’étaient pas paisibles sur les mers et océans contrôlés par les grandes puissances en plus de la présence de pirates. Un navire négrier a fait d’ailleurs son entrée dans les épaves les plus convoitées parmi les chasseurs de trésors.

Le Whydah Gally, navire partant du port de Ouidah (d’où le nom du navire construit en 1715) au Bénin a été pris un jour de tempête par les hommes de Samuel Bellamy, autrement connu sous le nom de « Black Sam » en 1717. Navigant entre les îles de Cuba et d’Hispaniola (actuelles Haiti et République Dominicaine), le capitaine Lawrence Prince dut céder son navire au pirate qui en fit son quartier général en plus de deux prises, le Sultana et le Mary Anne. Néanmoins, Samuel Bellamy et ses hommes ne purent profiter du trésor qu’ils avaient amassé. Le 26 avril 1717, le Whydah Gally coule au large du Cap Cod près des côtes du Massachusetts lors d’une violente tempête ne laissant que peu de survivants. ‘Black Sam » ne survécu pas au naufrage et mourut en se noyant ne sachant pas nager.

Pièces d'or retrouvées dans l'épave.

Pièces d’or retrouvées dans l’épave.

Considéré comme un trésor à lui seul, le navire est considéré comme la seule véritable épave de bateau de pirate connue. La légende veut même que Sam Bellamy réunit au moins 50 butins de ses précédentes prises dans les cales du navire. Répandu sur les côtes américaines, cette légende contribua à retrouver l’épave. En 1984, Barry Clifford, passionné réussit à retrouver l’épave grâce à une carte des reliefs océaniques datant de 1717. Lors de la découverte de l’épave, les plongeurs ont retrouvé des milliers de pièces d’or et d’argent enterrées sous 1, 5 mètres de sable à une profondeur de 4 mètres. Depuis sa découverte , l’équipe de Barry Clifford continue les fouilles archéologiques. De plus un muséum à ouvert ses portes faisant profiter le public de ce fabuleux trésor de pirate grâce  à une exposition itinérante sur le même modèle de celle du Titanic et une autre exposition fixe.

L'ouvrage de Gérard Piouffre bien illustré permet de découvrir les horreurs de la traité des nègres.

L’ouvrage de Gérard Piouffre  permet de découvrir les horreurs de la traite des nègres.

Les navires négriers français ne possèdent pas la même notoriété que la Whydah Gally, propriété britannique mais la France a eu des navires tout aussi importants. Trop nombreux pour être cités,  certains navires négriers sont pris comme exemple grâce à des auteurs comme Gérard Piouffre qui les fait « revivre » depuis peu. Son ouvrage « Les Traites négrières », sorti depuis peu de temps, met en avant l’histoire du négrier « l’Iris » commandé par Garlache Corbie. Le livre offre un véritable voyage à bord en plus de l’histoire détaillée du commerce triangulaire dans ces différentes étapes. Je ne vous souhaite qu’une bonne lecture pour découvrir la traite des nègres, commerce inhumain et témoignage d’une époque peu intéressée par l’égalité des hommes.

(Photos et couverture sous réserves de droits).

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