Focus sur l’héritage du Titanic: une collection en danger

La nouvelle est tombée il y a quelques semaines, la collection d’objets du Titanic a trouvé un groupe d’acquéreurs prêts à payer la somme exigée de 189 millions de dollars. Pour l’instant, seule une lettre fait office de promesse de vente en attendant la réponse de la juge américaine, Rebecca Smith. Depuis janvier dernier lors de l’annonce de la vente en enchères qui devait avoir lieu en avril 2012, les intérêts de la collection, en passant par sa valeur morale jusqu’à sa valeur financière, avait créé la polémique. La collection pose plusieurs problèmes dont sa qualification réelle et complexe. Par conséquent, plusieurs questions peuvent venir à l’esprit: quelle est la nature de cette collection d’objet du Titanic si convoitée ? Que contient t-elle en réalité pour être aussi précieuse ?

Les fameux plats à oreilles: objets « rares » ou « communs »?

La collection d’objet du Titanic est avant tout distincte de l’épave du Titanic même s’il existe un lien évident et inhérent entre les deux entités. Les objets composants la collection ont été repêchés au cours des multiples expéditions organisées par la RMST. D’une certaine manière, les objets sont une partie de l’épave et du droit d’exploitation de celle-ci. Seul le régime juridique distingue avant tout la collection de l’épave (ou plutôt son droit de d’exploitation puisque l’épave possède un statut de chose « res nullius« , c’est à dire qu’il n’y a pas de droit de propriété). En effet sur les quelques 5500 objets de la collection, 1800 artefacts appartenaient à l’ancienne société privée de Georges Tulloch. Ces derniers lors de la refonte de la Titanic Ventures en société publique , la RMS Titanic Inc, vait incorporé les artefacts avec ceux repêchés les années suivantes pour ne former plus qu’une seule collection exposée pour le plus grand plaisir de la Premier Exhibition et le grand public. Cependant la propriété des 1800 objets avait été attribuée à la RMST en 1993 par les autorités françaises, ce qui implique un régime juridique différent de la seconde partie de la collection.

Cette sous-division de la collection est bien sûre illégale aux yeux de la justice américaine qui s’obstine encore à déclarer la décision française illégale. Cependant, cette dernière reste toujours applicable en l’espèce car elle est légale en France. De plus, la France fait partie des membres de la Convention du « Titanic Agreement » et n’a jamais remis en cause le droit de propriété des 1800 objets repêchés. Cependant, la justice américaine et le droit international (OMI et UNESCO) affirment que la collection doit rester « une et indivisible » et ne peut pas faire l’objet d’une division quelque soit le prétexte. L’avenir nous dira si la collection restera préservée en une seule entité pour l’intérêt et le bonheur de tous.

« L’abeille-supporter » a participé à plusieurs expéditions sur l’épave du Titanic dont celle de 1987.

D’autres questions relatives au contenu de la collection peuvent être soulignées telles que les différentes natures des artefacts. Certains objets possèdent un caractère impersonnel voir purement commun. En 1987, Robert Ballard lors de la première opération de récupération d’artefacts avait manifesté son opposition en qualifiant l’équipe franco-britannique en charge de l’expédition, de « pilleurs de tombe ». Des objets tels que l’équipement du Titanic n’avaient pas de valeurs particulières selon l’océanographe. Concernant les objets plus personnels appartenant aux passagers, leur qualification d’objets « rares » est de plus en plus mis en cause par les descendants des victimes survivants ou décédés du naufrage. En effet, lors d’une conférence américaine, la RMST a rappelé qu’elle avait racheté tous les droits au près de la Llyod’s, l’assurance principale du RMS Titanic. Mais la question principale et latente concerne les objets non remboursés qui correspondent aux artefacts les plus ordinaire de la vie quotidienne du début du XXème siècle. Est-ce des objets rares et de grandes valeurs financières ou juste ayant une valeur « humaine » et « familiale » pour les descendants? Depuis l’annonce de la vente aux enchères, des descendants ont reconnu des objets ayant appartenu à leur ancêtres tels que les exemples d’une montre ou d’un chapeau de boulanger retrouvé par la RMST.

« Le drame du Titanic » de P. Masson.

En définitif, la nature véritable de la collection d’artefact du Titanic pose de plus en plus problème depuis 1987. Selon le livre de Philippe Masson, « Le drame du Titanic« , la collection a engrangé deux conflits importants et successifs: un conflit franco-américain entre l’IFREMER et la WHOI et le dernier toujours en cours, un conflit américano-américain. Ce dernier se déroulant entre la justice américaine et la RMST depuis presque 30 ans.

(Photos et couverture de livre sous réserve de droits)

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